Comment tenir ses aiguilles à tricoter et son fil
Si vos mains semblent maladroites la première fois que vous prenez des aiguilles à tricoter, rassurez-vous : vous êtes en très bonne compagnie. Presque chaque tricoteur se souvient de cette étape de tâtonnement avec deux bâtons et une longueur de fil qui semble n'en faire qu'à sa tête. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'existe pas une seule méthode « correcte » pour tenir vos aiguilles et votre fil. Ce qui compte, c'est de trouver une prise stable et reproductible, pour que vos mailles soient régulières et que vos mains ne prennent pas de crampes après quelques rangs.
Ce guide passe en revue les manières les plus courantes de tenir ses aiguilles, les deux grandes traditions pour gérer la tension du fil, et comment déterminer la combinaison qui vous convient le mieux. Accordez-vous le droit d'expérimenter pendant un moment avant de décider quelle est « votre » manière de tricoter.
Pourquoi la prise en main est si personnelle
Le tricot ne demande vraiment que deux choses à vos mains : un moyen de maintenir les aiguilles suffisamment stables pour contrôler vos mailles, et un moyen d'alimenter l'aiguille en fil avec une tension constante. Au-delà de cela, les tricoteurs ont développé une variété de prises au fil des décennies, façonnées par les traditions régionales, la taille des mains, l'arthrite ou la sensibilité articulaire, et de simples préférences personnelles. Une méthode transmise dans une famille peut ne ressembler en rien à celle enseignée dans un cours plus loin dans la rue, et toutes deux permettent d'obtenir un tricot magnifique et régulier.
En raison de cette variété, évitez de juger votre technique par rapport à une seule vidéo ou aux habitudes d'un proche. Envisagez plutôt les options ci-dessous comme un menu. Essayez-en quelques-unes, conservez ce qui vous permet de tricoter pendant dix ou quinze minutes sans avoir mal à la main, puis ajustez à partir de là.
Deux façons de tenir l'aiguille
La plupart des débutants adoptent l'une des deux prises de base : la prise stylo (pencil hold) ou la prise couteau (knife hold).
La prise stylo (Pencil Hold)
Avec la prise stylo, vous tenez l'aiguille de la même façon qu'un crayon pour écrire — en la faisant reposer légèrement entre votre pouce et votre index, le corps de l'aiguille s'appuyant le long de votre main. Le bout de vos doigts effectue les petits mouvements nécessaires pour manipuler la pointe de l'aiguille, tandis que votre paume reste relativement détendue.
Les tricoteurs qui préfèrent cette prise trouvent souvent qu'elle leur offre un contrôle plus fin de la pointe de l'aiguille, ce qui peut être utile pour les travaux minutieux comme les torsades ou la dentelle. Elle a également tendance à maintenir le poignet dans une position plus neutre et relaxée lors des longues séances de tricot.
La prise couteau (Knife Hold / Overhand Hold)
La prise couteau, parfois appelée prise par-dessus, se rapproche de la façon dont vous tiendriez un couteau pour couper un aliment sur une planche. Votre main vient se poser sur le dessus de l'aiguille, votre paume reposant dessus et vos doigts s'enroulant autour du corps. Le mouvement provient davantage de l'ensemble de la main et du poignet que du seul bout des doigts.
De nombreux tricoteurs apprécient cette prise car l'aiguille semble plus stable et moins susceptible de glisser, notamment lorsqu'on travaille avec des fils glissants ou des aiguilles plus lourdes. C'est également un choix courant chez ceux qui ont appris auprès d'une personne utilisant cette méthode, car elle est facile à reproduire en miroir.
Aucune de ces prises n'est plus « avancée » ou plus « correcte » que l'autre — ce sont simplement deux outils différents pour le même travail. Certains tricoteurs utilisent même la prise stylo d'une main et la prise couteau de l'autre, une aiguille par style. Essayez les deux pendant quelques rangs et notez celle qui laisse votre main la moins tendue.
Deux traditions pour tenir le fil : la méthode anglaise et la méthode continentale
Une fois votre prise d'aiguilles choisie, la décision suivante concerne la façon dont vous allez tenir et tendre le fil de travail — le brin que vous tirez à travers les mailles pour en former de nouvelles. C'est ici qu'interviennent les deux grandes traditions de tricot : la méthode anglaise et la méthode continentale.
Le tricot à l'anglaise (« Throwing » / jeter le fil)
Dans le tricot de style anglais, le fil de travail est tenu dans la main droite, et vous le « jetez » autour de la pointe de l'aiguille droite pour former chaque maille, tandis que votre main gauche tient principalement l'aiguille portant les mailles en attente. Comme la main droite assure à la fois le maintien de l'aiguille et le jeté du fil, ce style nécessite souvent de lâcher brièvement l'aiguille avec un ou deux doigts pour enrouler le fil.
Le tricot à l'anglaise a tendance à sembler intuitif pour les personnes habituées aux tâches de motricité fine dominées par la main droite, et c'est souvent la méthode enseignée en premier dans les pays anglophones — d'où son nom. Elle peut impliquer un déplacement des mains légèrement plus important par maille, ce que certains nouveaux tricoteurs perçoivent comme un peu plus lent au début, bien que la vitesse vienne avec la pratique quel que soit le style.
Le tricot à la continentale (« Picking » / attraper le fil)
Dans le tricot de style continental, le fil de travail est tenu dans la main gauche, drapé sur un ou plusieurs doigts, et vous utilisez la pointe de l'aiguille droite pour « attraper » le fil et le passer à travers la maille. Le fil étant constamment plus proche de la pointe de l'aiguille active, de nombreux tricoteurs trouvent que le tricot continental exige de plus petits mouvements de mains une fois le coup de main pris, ce que certains décrivent comme plus efficace — même si « efficace » ne veut pas automatiquement dire « plus facile à apprendre ».
Le tricot continental est parfois associé aux tricoteurs qui font aussi du crochet, car le mouvement du fil dans la main gauche présente des similitudes avec la façon dont les crochets attrappent le fil.
Aucun style n'est « meilleur » qu'un autre
Vous trouverez des avis très tranchés en ligne sur la méthode la plus rapide ou la plus ergonomique, mais la stricte vérité est que le tricot à l'anglaise comme le tricot continental produisent un tissu parfaitement identique. Les mailles sur vos aiguilles ne savent pas et s'en moquent de savoir quelle main tenait le fil. Choisissez en fonction du mouvement qui vous semble le plus naturel, de ce qu'un ami ou un professeur peut vous montrer en personne, ou simplement de ce que vous avez envie d'essayer en premier. Vous pourrez toujours apprendre l'autre méthode plus tard — de nombreux tricoteurs expérimentés finissent par être à l'aise avec les deux.
Obtenir une tension régulière sur le fil de travail
Quel que soit le style choisi, le fil doit glisser entre vos doigts avec une résistance constante — ni trop lâche pour que les mailles ne flottent ou ne varient en taille, ni trop serré pour que vous puissiez à peine glisser l'aiguille. Cette résistance s'appelle la tension, et elle s'obtient généralement en enroulant le fil autour d'un ou plusieurs doigts plutôt qu'en le pinçant simplement.
Un point de départ courant consiste à faire une boucle lâche avec le fil autour de votre index ou de votre auriculaire (ou à le faire passer dessous et dessus quelques doigts), puis à le laisser courir sur le dessus de votre index vers la pointe de l'aiguille. Cela donne au fil juste assez de friction pour rester sous contrôle sans que votre main se crispe. À partir de là, vous ajustez : enroulez-le une fois de plus autour de votre doigt pour un peu plus de résistance, ou desserrez l'enroulement si vos mailles sortent trop serrées et difficiles à tricoter.
Il n'y a pas de formule universelle ici, car la longueur des doigts, l'épaisseur du fil et la force de préhension varient d'une personne à l'autre. Si vous remarquez que vos mailles finies ont des tailles très irrégulières, c'est généralement le signe qu'il faut ajuster l'enroulement du fil plutôt que de changer toute votre prise en main. De petits ajustements font une plus grande différence que la plupart des débutants ne le pensent.
Se sentir maladroit au début est tout à fait normal
Si vos premiers essais vous semblent rigides, lents et un peu ridicules, c'est tout simplement à cela que ressemble l'apprentissage d'une nouvelle compétence motrice fine — ce n'est pas le signe que vous vous y prenez mal ou que le tricot « n'est pas fait pour vous ». Vos mains apprennent un schéma de coordination qu'elles n'ont jamais pratiqué auparavant et, tout comme l'écriture manuscrite, la frappe au clavier ou la pratique d'un instrument, cette coordination se fluidifie avec la répétition plutôt qu'en trouvant une prise secrète et magique.
Accordez-vous la permission de tricoter un simple échantillon au point mousse (en tricotant simplement tous les rangs à l'endroit) dans le seul but de laisser vos mains s'habituer au mouvement. Ne vous inquiétez pas de reproduire exactement une vidéo, maille pour maille. En quelques séances, la plupart des débutants remarquent que leurs mains commencent à bouger plus naturellement et, en quelques semaines, la prise qui semblait étrange devient tout simplement votre manière de tricoter.
Le véritable objectif n'est pas de copier parfaitement une méthode en particulier — c'est de parvenir à une tenue confortable et reproductible qui vous permet de tricoter aussi longtemps que vous le souhaitez, maille après maille, sans que vos mains ne protestent. Une fois que vous l'aurez trouvée, vous serez prêt à passer à la partie la plus amusante : créer des objets.
Sources
- Continental knitting — Wikipedia
- English knitting — Wikipedia
- How to Hold Knitting Needles & Yarn — LoveCrafts
- How to Hold the Yarn and Knitting Needles — Yarnspirations
