# Comment compter les rangs et les mailles avec précision en tricot

Si vous avez déjà posé votre tricot pour la soirée avant de le reprendre le lendemain sans avoir la moindre idée d'où vous vous étiez arrêté, vous n'êtes pas seul. Perdre le fil du décompte des rangs est l'une des frustrations les plus répandues chez les nouveaux tricoteurs, et c'est aussi l'un des problèmes les plus faciles à résoudre une fois que l'on connaît quelques astuces fiables.

La bonne nouvelle, c'est que votre tricot garde déjà une trace pour vous. Chaque maille que vous réalisez laisse une marque visible dans le tissu, et une fois que vous apprenez à « lire » ce tricot, vous n'aurez plus jamais besoin de deviner. Associez cette compétence à une simple habitude de suivi, et les erreurs de décompte appartiendront au passé.

Pourquoi le comptage des rangs pose problème à tant de débutants

Compter les rangs semble simple en théorie : il suffit d'en ajouter un chaque fois que l'on termine un rang, n'est-ce pas ? En pratique, plusieurs obstacles surgissent. Les patrons répètent souvent des instructions sur de nombreux rangs, les appels téléphoniques ou les pauses interrompent votre rythme, et certains points comme le point mousse ou le point de riz se ressemblent trompeusement d'un rang à l'autre. Sans méthode établie, il est facile de perdre son repère, en particulier sur un ouvrage qui s'étale sur plusieurs séances.

La solution ne réside pas dans une seule astuce, mais dans une petite boîte à outils : apprenez à lire vos mailles, puis complétez cela par une méthode de suivi simple afin de ne plus jamais vous reposer uniquement sur votre mémoire.

Lire son tricot : le meilleur compte-rangs intégré

Avant d'attraper un quelconque outil, il est utile de savoir que votre tricot montre lui-même exactement combien de rangs vous avez réalisés. C'est ce qu'on appelle souvent « lire son tricot », et c'est une compétence essentielle à développer dès le début.

Compter les rangs au point de jersey

Le point de jersey (le côté lisse et plat obtenu en tricotant un rang à l'endroit puis un rang à l'envers) crée un tissu formé de petites formes en V empilées en colonnes. Chaque V est formé de deux brins de laine diagonaux et représente un rang.

Pour compter, choisissez une seule colonne de mailles montant verticalement dans votre ouvrage et comptez les V du bas vers le haut, sans inclure les boucles situées directement sur la bordure de montage. Si vous perdez le fil en cours de route, placez un marqueur de mailles amovible au dernier V compté afin d'avoir un point de repère fiable d'où repartir.

Compter les rangs au point mousse

Le point mousse (obtenu en tricotant tous les rangs à l'endroit) a un aspect différent du jersey car il forme des barres horizontales plutôt que des colonnes de V. C'est une excellente nouvelle pour le décompte, car ces barres mousse sont très faciles à repérer d'un coup d'œil.

Voici le détail fondamental à retenir : chaque barre visible représente deux rangs, et non un seul. Lorsque vous tricotez, le tissu alterne entre un « creux » lisse et une barre en relief. Une paire complète creux-plus-barre équivaut à deux rangs tricotés. Ainsi, si vous comptez six barres, vous avez terminé douze rangs. C'est l'un des faits les plus utiles pour les débutants, car le point mousse est omniprésent dans les écharpes, les lavettes et les bordures.

Lire les côtes et les autres points fantaisie

Les côtes (alternance de colonnes de mailles endroit et envers, comme les côtes 1x1 ou 2x2) se lisent presque de la même façon que le jersey. Concentrez-vous uniquement sur les colonnes en mailles endroit, qui forment toujours des V, et comptez-les comme pour du point de jersey classique. Pour des motifs plus texturés comme le point de riz ou le point de blé, il est utile d'observer la maille située directement sous votre aiguille de travail et de déterminer s'il s'agit d'une maille endroit ou envers. Cela vous indique quel rang du motif vous venez de terminer, ce qui vous permet de savoir exactement ce qui suit même si vous avez perdu votre ligne dans le patron écrit.

Des méthodes simples pour suivre vos rangs

Savoir lire son tricot est une compétence très puissante, mais l'associer à une habitude de suivi actif garantit que vous n'aurez presque jamais besoin de chercher vos repères. Voici les méthodes les plus simples et les plus adaptées aux débutants.

Les compte-rangs physiques

Un compte-rangs dédié est un petit dispositif sur lequel vous cliquez, tournez une molette ou appuyez une fois par rang pour ajouter une unité. Certains s'enfilent directement sur votre aiguille, tandis que d'autres se portent autour du cou ou s'accrochent à votre sac à tricot. Comme l'action de cliquer s'intègre naturellement à votre routine de fin de rang, c'est l'une des méthodes les plus infaillibles une fois le pli pris.

Les applications de tricot

De nombreux tricoteurs utilisent désormais une application pour smartphone à la place (ou en complément) d'un compte-rangs physique. Ces applications vous permettent généralement de toucher un bouton pour incrémenter votre nombre de rangs, d'enregistrer un compteur séparé pour chaque projet et parfois de suivre plusieurs compteurs simultanément, ce qui est très pratique pour les patrons comportant des répétitions dans des répétitions.

Les bâtonnets et carnets

Vous n'avez pas besoin d'équipement spécial. Un simple décompte en bâtonnets sur un pense-bête ou dans un petit carnet de projet fonctionne tout aussi bien. Tracez un trait à la fin de chaque rang et regroupez vos traits par cinq pour faciliter la lecture ultérieure. Cette méthode sert également de journal de bord, puisque vous pouvez y noter la taille des aiguilles utilisées ou l'endroit exact où vous vous êtes interrompu.

Des marqueurs de mailles tous les dix rangs

Plutôt que de noter chaque rang, certains tricoteurs préfèrent placer un petit marqueur de mailles verrouillable le long du bord de l'ouvrage tous les dix rangs. Cela vous donne des étapes visuelles le long de votre travail, ce qui permet de compter rapidement de marqueur en marqueur au lieu de recompter rang par rang, tout en servant de point de contrôle intégré si vous devez vérifier votre total par rapport au patron.

Compter les mailles sur votre aiguille sans perdre le fil

Compter les mailles actives installées sur votre aiguille est un défi légèrement différent du décompte des rangs, mais il bénéficie du même principe : évitez de compter une par une si vous pouvez l'éviter.

  • Comptez par petits groupes. Au lieu de compter maille par maille, comptez par groupes de cinq ou dix en touchant chaque groupe du bout du doigt au fur et a mesure. C'est beaucoup moins sujet aux erreurs, surtout avec un grand nombre de mailles sur l'aiguille.
  • Utilisez des marqueurs comme repères. Glissez un marqueur de mailles amovible sur votre aiguille toutes les dix ou vingt mailles pendant que vous comptez. Si votre téléphone sonne ou si vous êtes distrait, vous pourrez reprendre à partir du dernier marqueur au lieu de recommencer depuis le début.
  • Comptabilisez les jetés comme une maille. Lorsque vous comptez un rang qui contient des jetés, rappelez-vous que chaque jeté compte comme une maille à part entière, même s'il ne ressemble qu'à une simple boucle sur l'aiguille jusqu'au rang suivant.
  • Vérifiez votre travail avec un repère visuel simple. Sur une pièce tricotée à plat en aller-retour, jetez un œil à l'emplacement de votre brin de montage par rapport à votre fil de travail. S'il se trouve systématiquement du même côté après un rang donné, cela vous confirme rapidement que vous n'avez pas ajouté ou sauté un rang par inadvertance.

Prendre l'habitude

Aucune de ces méthodes ne nécessite de compétence particulière, juste un peu de régularité. Choisissez une méthode de suivi adaptée à votre façon de tricoter (un compte-rangs physique pour tricoter à la maison, une application si vous tricotez lors de vos déplacements, ou un carnet de notes si vous préférez les méthodes traditionnelles) et associez-la à l'apprentissage de la lecture des V et des barres mousse. En quelques projets, observer votre tricot pour confirmer le nombre de rangs deviendra aussi naturel que de tricoter les mailles elles-mêmes, et ces moments frustrants où l'on se demande « où j'en étais déjà ? » deviendront très rares.

Sources